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Qui sont vraiment les “Tanguy” qui vivent encore chez leurs parents

Qui sont vraiment les “Tanguy” qui vivent encore chez leurs parents

Les « Tanguy » d’aujourd’hui prolongent leur jeunesse chez leurs parents, révélant une tendance en pleine mutation.

Phénomène social devenu symbole générationnel, les « Tanguy », ces jeunes adultes qui repoussent le moment de quitter le foyer familial, sont loin d’être marginaux. Selon une étude de l’Insee, publiée le 4 septembre 2025, ils seraient près de 10 % à vivre encore chez leurs parents à 26 ans, principalement en ville. Derrière ce chiffre se cache une réalité complexe où contraintes économiques, parcours d’études prolongées et nouvelles formes d’autonomie redéfinissent les contours du passage à l’âge adulte.

Des parents encore très présents dans le parcours des jeunes adultes

Dans les campagnes, le scénario est tout autre. La moitié des jeunes des communes rurales a j’ai quitté la maison avant 19 anscontre seulement 16 % de ceux ayant grandi en milieu urbain. Plus la commune est isolée, plus les départs sont précoces, souvent liés à la nécessité de rejoindre un internat ou une résidence étudiante. En revanche, dans les métropoles, la
proximité des universités et le coût du logement freine l’émancipation. À 26 ans, 17 % des citadins vivent encore sous le toit parental, un chiffre bien supérieur à la moyenne nationale de 10 %.

Si les « Tanguy » sont majoritairement urbains, c’est avant tout parce qu’ils subissent davantage les contraintes du logement. Les loyers élevés, la rareté des petites surfaces et la précarité de l’emploi inciter à retarder le départ. L’Insee précise que « les situations de contrainte notamment financières accordent le maintien au domicile parental ». Ce choix, bien souvent subi, s’accompagne d’un paradoxe : ces jeunes sont deux fois plus nombreux que les autres à poursuivre des études à 26 ans. Rester chez leurs parents leur permet de bénéficier d’un environnement stable et central, propice à la réussite académique.

Le rôle central des parents dans le parcours des jeunes adultes

Pour la sociologue Sandra Gaviria, professeure à l’Université Le Havre Normandie, il faut nuancer le jugement porté sur ces jeunes adultes. « Dans les années 2000, ce jeune qui restait longtemps chez ses parents, était très stigmatisé et ses parents aussi. Ce qui a progressivement changé c’est qu’il ya de plus en plus de va-et-vient entre le départ et le retour chez les parents et que les jeunes sont de plus en plus victimes du systèmevictimes des difficultés à l’accès au logement, victimes des prix des logements », indique-t-elle dans les colonnes de
Parents. Un constat qui remplace la responsabilité dans un contexte économique et social plutôt que dans un supposé manque de maturité.

Tous les “Tanguy” ne restent pas chez leurs parents par contrainte. Certains y vois une stratégie. «
Ça peut être un jeune qui n’a pas les moyens économiques de partir ou qui a des projets personnels », explique la sociologue. Avant dajouter : « Cela peut être par exemple ceux qui font des études très difficiles, qui se disent que cela va leur demander beaucoup d’investissement
donc préférez rester car l’intendance est assurée par les parents
». D’autres préfèrent de cohabiter le temps d’économiser avant d’emménager avec leur partenaire ou d’investir dans un bien.

Le rapport au foyer parental
varie d’un pays à l’autre. « L’Espagne ne considère pas que pour devenir adulte il faut s’éloigner. Il n’y a pas l’idée qu’être proche des autres est négatif », souligne Sandra Gaviria. À l’inverse, « les pays nordiques comme le Danemark ou la Norvège considèrent qu’il est bien de s’éloigner de la famille, des pays où l’âge de départ est beaucoup plus tôt. Des aides sont même proposées pour inciter les adultes à partir

». En France, la moyenne d’âge du départ est de 23,6 ans, légèrement inférieure à la moyenne européenne, qui s’élève à 26,5 ans selon Eurostat.









Des allers-retours de plus en plus naturels chez les parents

La sociologue distingue également la « Génération Tanguy » de la « génération boomerang », ces adultes qui reviennent vivre chez leurs parents après un premier départ. « Un jeune qui n’est jamais parti va mettre en avant son envie de partir pour vivre une expérience Érasmus par exemple, tandis que ceux qui sont partis et revenus, ont une autre problématique ». Pour ces derniers, le retour est souvent temporaire, motivé par une rupture amoureuse, une reconversion ou la volonté d’épargner. L’intimité amoureuse devient alors plus délicate à gérer : « Quand le jeune est parti et revient chez les parents, il se sent moins à l’aise d’amener la petite copine ou le petit copain. En revanche, ceux qui ne sont jamais partis n’ont aucune difficulté à l’amener chez ses parents

».

Rester longtemps chez ses parents n’est pas forcément inquiétant, à condition que l’autonomie continue de se construire. Pour Sandra Gaviria, « le rôle des parents est d’être sûr que leurs enfants ont cette capacité d’autonomie et d’indépendance. L’autonomie est un processus qui s’apprend progressivement pour qu’il soit capable de gérer sa vie. Cet apprentissage se fait avec les parents ». Entre stratégie économique, adaptation sociale et évolution culturelle, les « Tanguy » d’aujourd’hui ne sont peut-être plus des éternels enfants, mais des jeunes adultes en quête d’équilibre dans un monde où l’indépendance se mérite plus que jamais.

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