Conseils pour Économiser de l'Énergie

«Nous avons fait le choix du moindre mal» : contre les pesticides, Périgny filtre l’eau de ses cantines scolaires

«Nous avons fait le choix du moindre mal» : contre les pesticides, Périgny filtre l’eau de ses cantines scolaires

Aux portes de La Rochelle (Charente-Maritime), la commune de Périgny a équipé ses quatre ensembles scolaires – plusieurs écoles, de la maternelle au primaire – d’osmoseurs appelés à filtrer l’eau potable des différentes cantines. Ces appareils fabriqués et fabriqués localement par la société Hug²O filtrent l’eau et retiennent les virus, bactéries et polluants comme le plomb, le phosphate, le mercure et certaines traces de médicaments.

Mais en déboursant près de 9 000 euros pour installer ces équipements, la maire (Place publique) de Périgny Marie Ligonnière souhaitait surtout répondre à la crainte des parents d’élèves confrontés à de multiples pollutions liées… aux pesticides.

Périgny comme la commune limitrophe de Saint-Rogatien ont été marquées par plusieurs cancers pédiatriques inexpliqués. À l’automne 2023, l’agglomération de La Rochelle a fermé l’intégralité de ses quinze captages d’eau potable situés dans la plaine d’Aunis et contaminés par le chlorothalonil R471811, un métabolite issu de sa dégradation d’un fongicide interdit en 2019. 2024, ces mêmes captages étaient rouverts après la décision de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) qui se multipliait quasiment par dix la concentration maximale tolérée dans l’eau potable.

Ce tour de passe-passe n’a pas apaisé les inquiétudes à Périgny comme ailleurs. Et d’autres polluants comme les nitrates et le chlortoluron (un herbicide) ont été trouvés en d’autres endroits de l’agglomération rochelaise.

Technologie gourmande en eau

Des parents d’élèves souhaitaient ainsi que les cantines scolaires servent de l’eau minérale en bouteille. Impossible pour Marie Ligonnière qui n’a pu se résoudre à remplacer une pollution par une autre, en plastique. La commune a donc choisi les osmoseurs « pour apporter une réponse aux parents d’élèves », explique l’élue. « Ça n’est pas une solution, j’en conviens, mais cela envoie également un message idéal aux pouvoirs publics : les collectivités locales assument leurs responsabilités alors que la problématique des pesticides et de la transition agricole doit être réglée au niveau national », insiste Marie. Ligonnière.

Seul bémol : pour filtrer un litre d’eau servi à table, ces osmoseurs rejettent deux autres litres dans les eaux usées. La technologie progresse mais reste gourmande. « Nous avons fait le choix du moindre mal », estime le maire de Périgny qui attend de réelles avancées sur toutes les questions liées à la santé environnementale.

En guise de test en conditions réelles, Périgny a fait analyser l’eau potable filtrée par ses nouveaux osmoseurs. « Pour le chlorothalonil R471811, on passe de 0,2 microgramme par litre à moins de 0,003 », détaille Marie Ligonnière qui réfléchit désormais à équiper d’autres lieux publics de la commune avec ce matériel.

La question des pesticides et des usages agricoles suscite de vives inquiétudes et tensions à l’échelle de l’agglomération rochelaise et de l’Aunis, l’une des plaines céréalières parmi les plus fertiles en Europe. Après une première médiation inédite (et infructueuse) entre riverains et agriculteurs en 2023, la préfecture de la Charente-Maritime a dégainé son va-tout l’an dernier en confiant une « mission de conseil » sur les cancers pédiatriques à la Commission nationale du débat public (CNDP).

Favorable à des études plus avancées sur le territoire, l’actuel préfet Brice Blondel s’était alors engagé à « avancer rapidement ». Ces derniers jours, le représentant de l’État a annoncé la tenue d’un débat public sur la santé et les pesticides après les élections municipales de mars 2026.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *