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Érosion du littoral : Torreilles, près de Perpignan, retire ses digues pour laisser la nature reprendre ses droits

Érosion du littoral : Torreilles, près de Perpignan, retire ses digues pour laisser la nature reprendre ses droits

Laisser la nature faire. Tel est le parti pris par la commune balnéaire de Torreilles (Pyrénées-Orientales), au nord-est de Perpignan, qui s’apprête à faire retirer début janvier les deux digues installées il ya plus de cinquante ans de chaque côté de l’embouchure du Bourdigou.

« Ces digues, que l’on pensait favorables à l’évacuation des eaux de pluie ont, en réalité, complètement perturbé le fonctionnement de la plage et le transit sédimentaire », explique Edmond Jorda, vice-président de Perpignan Méditerranée Métropole (PMM) chargé du littoral.

Résultat, le sable se retrouve bloqué au sud des enrochements tandis que la plage au nord de l’embouchure s’érode chaque année un peu plus. « Nous pensons qu’il faut redonner à la nature toute sa force. En enlevant ces enrochements, nous espérons permettre au sable de retransiter de façon naturelle », poursuit l’élu.

Pendant les cinq prochaines années, des chercheurs de l’université de Perpignan, en collaboration avec le syndicat mixte Rivage, l’observatoire de la côte sableuse catalane et les équipes de PMM, vont effectuer des relevés réguliers pour constater les modifications qui devraient s’opérer. « Ce suivi va peut-être nous permettre de mettre en place ensuite cette solution à d’autres endroits du littoral pour lutter contre l’érosion et le retrait du trait de côte », espère Marc Medina, le maire de Torreilles.

« Si l’on continue, la mer détruira les dunes »

Pour Julien Robert, du syndicat mixte Rivage, il y a urgence : « Si l’on continue avec le système actuel, le risque est que cela s’érode de plus en plus au nord des digues et que la mer vienne détruire complètement le cordon dunaire ». Et finisse par s’introduire dans la vaste zone humide de 100 ha située juste derrière.

L’une des conséquences dramatiques serait alors la salinisation de l’eau. Le coût du chantier s’élève à 500 000 euros, dont 80 % pris en charge par l’État (320 000 euros) et la région Occitanie (61 800 euros). Il s’agit du seul dossier de la côte méditerranéenne à avoir été retenu dans le cadre de l’appel à projet lancé par le ministère de la Transition écologique intitulé « Des solutions fondées sur la nature pour adapter les territoires côtiers à l’érosion ».

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