Blog
À Oléron, les élus verts de rage face aux tondeuses à gazon !

Plus de 11 000 tonnes de légumes devraient cette année être déposées dans les différentes déchetteries de l’île d’Oléron (Charente-Maritime). Une paille qui représente tout de même 60 % des apports majoritairement constitués de tontes, de feuilles et de petits branchages, très loin devant les gravats, la ferraille et les encombrants. C’est même plus que les ordures ménagères (10 500 tonnes au total) !
1 million d’euros par an
S’ils ont la main verte et le souci du détail, les jardiniers oléronais ont aussi… la main lourde. La Communauté de Communes (CdC) a sorti sa calculette : le maniement des tondeuses, des râteaux et autres taille-haies lui coûterait par ricochet 1 million d’euros par an. « C’est énorme, et très coûteux », résume Marie-Josée Villautreix, la vice-présidente chargée des déchets et maire de Saint-Trojan-les-Bains.
Stocker et transporter ces végétaux appelés à devenir du compost nécessitant près de 1 400 rotations de camions-bennes et la consommation annuelle de 30 000 litres de carburant, précisant les services de l’intercommunalité en citant pour l’exemple la seule journée (ordinaire) du 23 septembre : 88 tonnes de les déchets verts ont atterri ce jour-là dans les déchetteries.
« Moi aussi j’ai un jardin, je le tonds, je laisse l’herbe dessus (…). Je n’y vois pas d’effets secondaires, sauf à être attaché au gazon anglais et à vouloir l’entretenir à la pince à épiler », a récemment déclaré Michel Parent, le président de la Communauté de communes, « agacé » et cité par l’hebdomadaire « Le Littoral ».
Fini les déchets verts à la déchetterie
Les élus oléronais qui n’aiment décidément pas être tondus ont décidé d’agir. D’ici 2026 à 2027, les apports de tontes et de feuilles mortes seront purement et simplement interdits dans les déchetteries insulaires. « Cela se pratique déjà ailleurs et ça porte ses fruits », assure Marie-Josée Villautreix. Dès le 1er janvier prochain, le nombre de passages autorisés sera également limité à 30 par an. « Nous aurions aimé passer à 20 ans mais les gens doivent d’abord s’habituer », commente l’élue.
L’île d’Oléron ne rasera pas gratis pour autant et entend d’ici là faire œuvre de « pédagogie » pour « accompagner le changement de pratique ». Depuis le 1er octobre, plusieurs aides sont ainsi proposées aux administrés. « Sur demande et sous conditions », l’achat de matériels comme un robot-tondeuse ou un broyeur « qui ne ramassent pas les végétaux » sera ainsi accompagné d’un coup de pouce pouvant atteindre « 50 % du prix total » dans la limite de 50 % par foyer.
Idem, à hauteur de 40 euros par foyer, pour l’achat d’un « kit mulching, lame et/ou obturateur », un outil qui « permet de ne plus ramasser la tonte car elle est hachée et laissée au sol afin qu’elle puisse nourrir celui-ci ». Dès le 1er janvier 2026, les Oléronais bénéficieront enfin d’une aide pour planter des haies à condition de choisir « des légumes à croissance lente », explique Marie-Josée Villautreix. Selon cette élue saint-trojannaise, l’enveloppe dédiée aux jardiniers olernais sera « ponctuelle » mais permettra « d’amorcer de nouveaux comportements » et d’éviter « une levée de boucliers ».











