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Attention, les heures creuses changent d’horloge à partir du 1er novembre


Créé dans les années 1960, le système des heures creuses/heures pleines avait été conçu à l’époque du tout-nucléaire, afin d’inciter les ménages à consommer la nuit, quand la demande était plus faible. Mais avec la montée en puissance des énergies renouvelables, notamment le solaire, cette logique n’est plus adaptée.
Mieux répartir la consommation dans la journée
La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a donc décidé d’actualiser les créneaux à partir de l’automne 2025, avec une mise en place progressive jusqu’à fin 2027. En hiver (du 1ᵉʳ novembre au 31 mars), les heures creuses resteront concentrées la nuit, entre 23 h et 7 h, sur une plage d’au moins 5 heures consécutives. En revanche, en été (du 1ᵉʳ avril au 31 octobre), les tarifs réduits basculeront en journée, entre 11 h et 17 h, lorsque la production solaire bat son plein.
« Pas mal de plages d’heures creuses sont placées à des moments qui ne sont plus creux pour le système», explique Emmanuelle Wargon, présidente de la CRE, à l’AFP. « À l’inverse, à assez peu d’heures creuses là où elles seraient vraiment utiles au consommateur et au réseau. » Sur les 14,5 millions de foyers français ayant opté pour la tarification heures pleines/heures creuses, 11 millions verront leur planification modifiée, principalement pendant la période estivale. Ces seront communiqués par les fournisseurs au changements moins un mois à l’avance : ne ratez donc pas le courrier d’information !
Concrètement, les plages du matin (7 h – 11 h) et du soir (17 h – 23 h), où la demande est la plus forte, seront en partie supprimées au profit d’horaires de milieu de journée. Un abonné dont les heures creuses sont aujourd’hui fixées de 2 h à 8 h et de 13 h à 15 h, pourrait par exemple passer à 1 h 30 – 7 h la nuit et 14 h – 16 h 30 l’après-midi. En revanche, 3,5 millions de foyers ne seront pas concernés, notamment ceux dont les heures creuses s’étalent déjà de 23 h à 7 h. Ces créneaux sont jugés cohérents avec les nouveaux objectifs du régulateur.
Cette réorganisation vise à réduire la consommation électrique et à réduire les déséquilibres du marché. En 2024, la France a connu 235 heures de prix négatif, soit 5,4 % du temps sur le premier semestre, contre seulement 1,7 % en 2023. Ces situations surviennent lorsque la production (notamment solaire) dépasse largement la demande, forçant parfois les producteurs à vendre à perte.
Pour la CRE, déplacer les heures creuses contribuera à réduire ces pertes économiques tout en offrant davantage de flexibilité aux consommateurs. L’idée est également d’accompagner de nouveaux usages, comme la recharge des véhicules électriques ou le pilotage des pompes à chaleur. « Cela permettra à plus de Français d’avoir des heures creuses en journée, notamment l’été », résume Emmanuelle Wargon. « C’est cohérent avec les nouveaux modes de vie et le télétravail. »
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