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Caméra thermique, nasse coréenne, réseau citoyen… A Carrières-sur-Seine, on lutte contre le frelon asiatique

Un fléau à la fois pour nous et pour les abeilles. Le frélon asiatique est la bête noire à abattre à Carrières-sur-Seine dans les Yvelines, mais c’est surtout l’affaire de tous. Dans cette ville de 15 000 habitants, chacun peut informer par simple mail les services techniques dès qu’un nid est identifié et localisé. Sitôt l’alerte donnée, la mairie prévient les apiculteurs locaux qui partent exterminer l’envahisseur. Et ça marche !
« En 30 minutes, l’affaire est réglée », explique Olivier Bonnefond qui était dimanche dernier encore sur une intervention. Cette fois, il était parti avec le président de l’association API Carrières, Yann Sgorlon, sur une aire de jeux pour enfants, condamné à cause de la présence d’un nid dans un arbre.
À l’aide d’une « canne » de 16 m de long, le duo envoie un produit à base de pyrèthre naturel. « Les frelons tombaient au sol comme des gouttes d’eau », se réjouit le bénévole qui constate « une diminution du nombre de nids » au fil des années.
Un nid mange 12 kg d’insectes par an
Même si on arrive à la fin de la saison, les frelons à pattes jaunes ont encore besoin de protéines pour nourrir les reines fécondées, « les abeilles sont encore sous pression », complète Yann Sgorlon. « Des centaines de frelons assaillent les ruches en permanence. Les autres insectes sont également la proie de l’envahisseur, un nid de « Fa » (NDLR, frelons asiatiques) mange 12 kg d’insectes par an », prévient-il dans un post Facebook.

L’association n’hésite pas à prodiguer quelques bons conseils, à commencer par celui de « lever les yeux » avant d’avertir la mairie ou les apiculteurs amateurs directement. « Avec la chute des feuilles, les nids deviennent de plus en plus visibles. Actuellement, ils contiennent plusieurs centaines de futures reines potentielles qui vont bientôt se cacher pour l’hiver et fonder de nouveaux nids au printemps. »
Si la « chasse » à ces prédateurs s’arrête pendant les froides journées d’hiver, elle reprend de plus belle dès le mois de février, voire début mars. « C’est le moment de capturer les fondatrices. L’an dernier, on en a tué 1 500 sur la commune, sourit Olivier qui précise que « tous les quartiers sont concernés ». « Je suis favorable à laisser les pièges toute l’année », plaide celui qui utilise de « petits pièges et nasses coréennes » aux abords de ses ruches. Et l’association ne manque décidément pas de ressources.
Outre la harpe électrique positionnée au rucher, les membres de l’association testent la caméra thermique. « L’activité bouillonnante d’une colonie à l’intérieur du nid génère de la chaleur mais pour bien la détecter dans un arbre, il faut que la luminosité baisse donc on essaie de faire ça plutôt en fin de journée ou au petit matin », détaille Olivier qui compte bien l’utiliser pour s’assurer que le nid, laissé dimanche dans l’arbre, est bien vide avant de « le fracasser au sol ».
Signalez un nid : alertenuisibles@carrieres-sur-seine











