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Colorants, bonbons… les aliments qui contiennent des insectes

Derrière la couleur de certains aliments se trouve un procédé méconnu. Une réalité qui interroge nos habitudes.
L’idée semble improbable : dans des produits que nous consommons régulièrement, se cachent parfois des traces d’insectes broyés. Cette réalité reste méconnue, alors même que l’attention portée à la qualité de nos assiettes est devenue centrale. On dit vouloir « mieux manger », privilégier le naturel et scruter les origines. Pourtant, certains aliments présentés comme inoffensifs peuvent révéler des ingrédients inattendus. La lecture des étiquettes devient alors un exercice d’enquête. Un moyen de retrouver un peu de transparence dans une industrie où chaque durée de conservation est pensée, améliorée et optimisée.
Ce que contiennent réellement certains aliments
Il suffit, par exemple, d’observer un gâteau industriel. L’image d’une recette familiale se heurte rapidement à une longue liste d’additifs : conservateurs pour éviter qu’il ne sèche, agents levants pour lui donner du volume, arômes pour imiter le goût du citron sans citron. L’écart entre l’idée d’une pâtisserie maison et le produit emballé est grand, rapportent nos confrères du site Okdiario. Derrière certains de ces ajouts se trouvent parfois des substances auxquelles on ne s’attend pas, dont des colorants d’origine animale.
La surprise vient du fait que l’on peut consommer des insectes sans même en avoir conscience. Les spécialistes de l’agroalimentaire le savent : certains ingrédients utilisés pour rendre les aliments plus définis visuellement, notamment pour leur teinte rouge ou rosée, provenant de cochenilles broyées. Cette pratique n’a pourtant rien de récent, mais elle retrouve aujourd’hui une visibilité particulière à mesure que les consommateurs s’intéressent davantage aux composants réels de leur alimentation.
Un colorant courant au cœur de nos aliments
Le colorant en question porte un nom qui ne dit rien au premier coup d’œil : E120. Comme l’expliquent les experts d’Imbarex : «
Le E120, plus communément appelé carmin, extrait de cochenille ou acide carminique, est un colorant rouge naturel issu de la cochenille (Dactylopius coccus). Cet insecte, originaire d’Amérique centrale et du Sud, se trouve principalement sur les cactus, notamment le Figuier de Barbarie (Opuntia). Le colorant est extrait du corps séché et broyé de la femelle et est utilisé comme colorant rouge depuis des siècles, notamment par les civilisations aztèque et maya. Le carmin, ou E120, se distingue par sa couleur rouge éclatantequi varie selon sa concentration et sa méthode de préparation ».
Les spécialistes continuent : « Ce colorant est très apprécié dans les industries agroalimentaires et cosmétiques pour sa stabilité et ses intensités supérieures à celles des autres colorants naturels. Face à l’intérêt croissant pour la transparence alimentaire, nombreux sont ceux qui s’interrogent : le E120 est-il sûr ? Que faut-il savoir d’autre ? Les consommateurs d’aujourd’hui sont de plus en plus attentifs à leur santé et aux additifs présents dans leur alimentation. »
La fabrication de ce colorant exige un procédé précis. «
La production d’E120 commence par la récolte des cochenilles sur leurs cactus hôtes. Les insectes sont ensuite séchés et réduit en poudre fine. Cette poudre est ensuite traitée à l’eau ou à l’alcool pour extraire l’acide carminique, le colorant actif. L’acide carminique est ensuite purifié et combiné à des sels d’aluminium ou de calcium pour créer le colorant carmin. Ce procédé est très laborieux et nécessite un grand nombre d’insectes. Environ 70 000 cochenilles sont nécessaires pour produire 450 grammes de carmin, ce qui souligne les efforts et les ressources mobilisées pour sa production. »


Des aliments familiers, mais une origine moins évidente
Ce colorant se retrouve dans des produits que l’on ne soupçonnerait pas : des bonbons dont le rouge vif évoque la cerise, des chewing-gums, des yaourts à la fraisedes sodas aux fruits rouges, certaines glaces ou encore des guimauves. Autrement dit, des aliments du quotidien, souvent associés à l’enfance ou au plaisir simple. Sans alarmer, cela interroge sur ce que l’on considère comme « naturel » lorsqu’une couleur appétissante repose en réalité sur une source animale inattendue.
Ce sujet ne relève pas de la peur ni du dégoût, mais d’un
enjeu d’information. Lire correctement les étiquettes, comprendre les termes, reconnaître les additifs, devient une compétence essentielle pour consommer en connaissance de cause. Dans un contexte où l’on cherche à simplifier, à revenir au « vrai goût », cette prise de conscience pourrait changer notre regard sur des produits que l’on achète depuis des années, sans jamais imaginer qui se cache derrière leur couleur.











