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Des agriculteurs pulvérisent du fumier pour déloger des squatteurs


Face à l’inaction des autorités, des agriculteurs des Hautes-Vosges ont décidé d’utiliser une méthode radicale, et odorante, pour chasser des squatteurs illégalement installés sur leur terrain.
Dans les Hautes-Vosges, une scène pour le moins surréaliste a récemment fait le tour des réseaux sociaux. Excédés par la présence de caravanes installées sans autorisation sur un pré en pleine période de faute, des agriculteurs ont pris les choses en main. Leur arme ? Le Lisier. Une méthode extrême, qui fait débat jusque dans les rangs agricoles.
Squat de terrains et champs agricoles : des caravanes installées sans autorisation
Les images ont fait le tour du web : des tracteurs fonçant vers une rangée de caravanes avant de pulvériser un épais brouillard brun sur le terrain. Non, il ne s’agissait pas de boue. Mais bien de fumier liquide, déversé par des agriculteurs excédés par
l’installation illégale d’un groupe de squatteurs
sur leur pré. L’incident s’est déroulé au début de l’été dans les
Hautes-Vosges, selon le photographe Loïc Madré, auteur de la vidéo devenue virale.
Dans une interview accordée au Courrier quotidienil explique que les occupants du campement avaient refusé de quitter les lieux malgré les demandes répétées des exploitants et l’absence de réaction des autorités locales. “Il a été difficile de négocier avec les voyageurs, ils refusaient d’écouter. Les agriculteurs n’ont reçu aucun soutien des autorités ou de la police. Alors ils se sont débrouillés seuls”, a-t-il déclaré au journal.
Dire stop au squat avec du fumier : une méthode radicale
Selon Loïc Madré, les agriculteurs ont tout tenté avant d’en venir à cette extrémité. Le pré, prêt à être réalisé pour servir de fourrage pour le bétail, avait été occupé sans autorisation par plusieurs caravanes. Le groupe d’agriculteurs a donc décidé d’utiliser à une arme bien connue dans le monde rural : le lisier, mélange d’eau et d’excréments utilisé comme engrais. Les tracteurs ont traversé le pré à vive allure, aspergeant les caravanes et leurs abords, provoquant la fuite immédiate des occupants. “Le pré a été gravement endommagé, mais ils sont partis”, résume le photographe.
Aussi choquante qu’elle puisse paraître, cette méthode n’est pas totalement nouvelle. Dans plusieurs régions françaises, des agriculteurs ont déjà eu recours à l’épandage de lisier pour dissuader les intrusions sur leurs terres, notamment lors
d’occupations illégales ou de blocages. Dans ce cas précis, les agriculteurs affirment avoir agi après plusieurs jours d’attente, sans intervention de la gendarmerie. Une décision “désespérée”, selon certains commentateurs, mais jugée “efficace” par d’autres.
Le débat relatif sur le droit de propriété et la lenteur administrative
L’affaire relance le débat sur le
droit des propriétaires à protéger leurs terrains face aux occupations illicites, un sujet particulièrement sensible dans le monde agricole. En France, la la procédure d’expulsion peut prendre plusieurs jours, voire plusieurs semaines, même sur des terrains privés non bâtis. Selon le Code pénal (article 226-4)l’introduction ou le maintien illégal dans le domicile d’autrui est passible d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende, mais la loi reste plus floue concernant les terrains agricoles non clos.











