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“Je n’aurais jamais pu gagner sans l’IA” : défendue par ChatGPT au tribunal, elle s’économise 73 000 dollars de frais

“Je n’aurais jamais pu gagner sans l’IA” : défendue par ChatGPT au tribunal, elle s’économise 73 000 dollars de frais

Lynn White, femme blonde à lunettes, pointe du doigt l'écran de son ordinateur dans son domicile de Long Beach, Californie, où elle a préparé sa défense juridique avec l'aide de ChatGPT.

Lynn White a évité l’expulsion de son mobil-home en se défendant seule avec ChatGPT. Long Beach, Californie.

© NBC Nouvelles

Lynn White n’avait plus d’issue. Menacée d’expulsion pour impayés de loyer, elle avait déjà perdu une première manche malgré l’aide d’un avocat spécialisé dans la défense des locataires. Restait l’appel. Elle s’est alors tournée vers ChatGPT Plus et Perplexity Pro, qu’elle utilisait déjà pour sa petite entreprise de production musicale.

Quelques mois plus tard, l’avis d’expulsion était annulé. Économie réalisée : 73 000 dollars de pénalités et arriérés confondues. «Je n’aurais jamais, jamais pu gagner sans l’intelligence artificielle»confie-t-elle aujourd’hui.

Son cas n’est pas isolé. Aux États-Unis, les justiciables qui plaident leur propre cause en s’appuient sur l’IA se multiplient depuis le printemps 2025, selon les observations de praticiens du droit. Meagan Holmes, assistante juridique dans un cabinet de Phoenix, l’affirme : «J’ai vu davantage de plaideurs se représentant eux-mêmes cette année que durant toute ma carrière.»

C’était comme avoir Dieu qui répondait à mes questions.

Lynn White, justiciable californienne

Quand l’algorithme devient clerc de notaire

Le mode opératoire est rodé. Staci Dennett, entraîneur sportif au Nouveau-Mexique, a demandé à ChatGPT de « se comporte comme un professeur de droit à Harvard » pour décortiquer ses arguments juridiques. Elle négociait ainsi un règlement amiable qui lui permettait d’économiser plus de 2 000 dollars.

Les avocats adverses, impressionnés, lui ont carrément suggéré d’envisager une carrière dans le droit.

Mais cette démocratisation sauvage de l’accès à la justice charrie son lot d’écueils. Les hallucinations des modèles de langage, ces fabrications présentées comme des faits avérés, polluent les prétoires. Jack Owoc, fondateur de la marque de boissons énergisantes Bang Energy, s’est vu infliger des travaux d’intérêt général après avoir cité onze décisions de justice… totalement imaginaires. Un avocat californien a écopé de 10 000 dollars d’amende pour un mémoire truffé de fausses citations.

Le grand écart judiciaire

J’exigeais à ChatGPT de faire semblant d’être professeur de droit à Harvard et de démolir mes arguments jusqu’à ce que j’obtienne un A+ au devoir.

Staci Dennett, entraîneur sportif au Nouveau-Mexique.

Damien Charlotin, chercheur spécialisé, recense plus de 400 affaires où l’usage de l’IA a été détecté depuis 2023. Les juges apprennent à repérer les indices : jurisprudence inexistante, formulations génériques… et mise en page atypique, bien empruntée au « style » chatbot.

Certains avocats restent optimistes. Andrew Montez, praticien en Californie, prédit que «Tous les avocats devront utiliser l’IA d’une manière ou d’une autre, sinon ils seront dépassés». Mais la frontière demeure tenue entre l’assistant virtuel providentiel et le conseiller juridique défaillant.

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