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« Je ne me sentais pas à l’aise » : un grand chef brésilien refuse de préparer un dîner vegan pour le prince William

« Je ne me sentais pas à l’aise » : un grand chef brésilien refuse de préparer un dîner vegan pour le prince William

Le chef brésilien Saulo Jennings a refusé de préparer un dîner végétalien pour la cérémonie des Earthshot Awards, dédiée à la cause environnementale, qui se tient mercredi en présence du prince William à Rio de Janeiro, au Brésil. Originaire de l’Amazonie, l’homme explique être viscéralement attaché aux saveurs de sa région, comme le pirarucu, un grand poisson d’eau douce. Et surtout, pour lui, le développement durable est une question d’équilibre.

« On m’a demandé de créer un menu 100 % vegan, et je ne me sentais pas à l’aise car mon travail consiste précisément à montrer que l’Amazonie est durable, et cela inclut le poisson, at-il expliqué à l’AFP. J’ai même suggéré de faire un menu amazonien avec principalement des plats à base de légumes, mais incluant également du poisson issu de la pêche durable, mais cela n’a finalement pas été accepté. » Et de préciser : « Autant que je sache, ce n’était pas une exigence de la famille royale. »

Sollicités par l’AFP, les organisateurs du prix Earthshot n’ont pas souhaité commenter le sujet.

« Il est dangereux de traiter le véganisme comme synonyme de durabilité »

Saulo Jennings est grandi sur les rives du fleuve Tapajos, dans le nord du Brésil, où il a ouvert le premier de ses six restaurants il y a 16 ans. Nommé ambassadeur gastronomique de l’ONU en 2024, il a déjà cuisiné pour des chefs d’État par le passé, ainsi que pour des stars comme Mariah Carey.

« Je respecte énormément ceux qui choisissent cette voie (du véganisme), at-il ajouté. Mais je pense qu’il est dangereux de traiter le véganisme comme synonyme de durabilité. Ce sont des choses différentes. La forêt est un écosystème équilibré, elle a besoin de personnes, d’animaux et de plantes vivantes ensemble. Ce qui m’inquiète, c’est lorsque cela devient une imposition culturelle. »

« En Amazonie, on est vegan, végétarien ou carnivore sans y penser. Nous mangeons ce que la forêt nous offre. Cette relation avec la nourriture est ancestrale », a développé le chef brésilien.

Par ailleurs, Ce Brésilien de 47 ans va mettre en valeur les ingrédients provenant de la plus grande forêt tropicale de la planète dans la ville amazonienne de Belem, lors du sommet des chefs d’État et de gouvernement qui précédera la COP30, conférence des Nations unies sur le climat.

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