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Le début de la fin de Dollemard, la méga-décharge avec vue sur mer du Havre

Le début de la fin de Dollemard, la méga-décharge avec vue sur mer du Havre

C’est l’histoire d’une odieuse décharge sur les falaises de la Manche qui doit enfin être effacée du paysage. Une histoire qui remonte au bombardement du Havre en septembre 1944 par l’aviation alliée décidée à chasser définitivement l’occupant allemand. Largement détruite et soucieuse de se relever, la ville portuaire normande a vu dans l’immédiat Après-Guerre se multiplie les chantiers afin de réhabiliter le port, moteur économique de la cité, et de fournir un logement aux Havrais.

A l’époque, la préservation de l’environnement n’était pas la priorité absolue : les gravats et déchets du bâtiment, qu’ils soient inertes ou non (amiante, microplastiques), ont été déversés du haut des falaises, notamment celle de Dollemard, entre la fin des années 1950 et jusqu’en 2000. A ce moment-là, des effondrements ont commencé à engendrer des problèmes de sécurité.

Le volume total estimé de ces déchets jetés à la falaise est de 450 000 m3, soit 400 000 tonnes ! Des associations environnementales en on fait un combat, dénonçant la pollution des sols, de l’air, mais surtout l’impact significatif sur la biodiversité des rejets dans la mer, dus à l’érosion. La municipalité du Havre a lancé des études à partir de l’année 2011. Dix ans plus tard, malgré des contraintes d’accès importantes, un chantier pilote de 3 000 m3 a été engagé sous l’impulsion du maire Édouard Philippe.

Lancé en juillet, il se poursuivra jusqu’en 2028, bien qu’aucun délai précis n’ait été fixé. C’est le groupement Tersen qui a décroché ce marché de nettoyage de faible ampleur. Le chantier s’étend sur un kilomètre de côte, se déroulera en trois phases distinctes : la zone sud, qui ne nécessitera aucune réhabilitation, car elle ne contient que des déchets inertes sans impact environnemental significatif, la zone nord, où 107 000 m³ de déchets seront traités et 138 000 m³s laissés sur place, ces derniers n’étant pas victimes de l’érosion et la zone centrale, sur laquelle l’intégralité des déchets sera transportée.

Une grue géante établie sur la falaise

« L’objectif des entreprises est de minimiser l’impact environnemental sur cet espace naturel sensible, désormais classé Zone Natura 2000, qui abrite de nombreuses espèces animales et végétales menacées. Il s’agit notamment d’être le plus ambitieux possible en matière de criblage des polluants, de leur valorisation et de leur réemploi, tout en inévitable d’engorger les filières de traitement. Les éléments ne présentant aucun risque environnemental, tels que les blocs et poutres en béton, les briques et les tuiles, seront laissés sur le site », résume Arnaud Fréret, militant Surfrider, citant le rapport sur la Résorption des anciennes décharges de Dollemard établi par le comité de suivi le 28 janvier 2025.

Le chantier à proprement parler entamé à la rentrée doit se dérouler jusqu’en mai 2028, à proximité de la Manche et en haut de la falaise. Les moteurs de chantier seront acheminés par voie maritime. Une base vie sera installée sur la plage et un échafaudage ancré dans la falaise, équipé d’un ascenseur, permettra d’accéder à la plateforme de lavage. Début novembre, une grue de grande dimension sera également établie sur cette plateforme afin de remonter les déchets destinés aux filières extérieures. Le coût total de ces opérations s’élève à plus de 39 millions d’euros (chiffre de janvier 2025), financés par l’État, par l’intermédiaire de l’ADEME, la région Normandie et la ville du Havre.

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