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Les écologistes font barrage… au barrage pour les canons à neige dans les Pyrénées-Orientales

La création d’une réserve d’eau au Roc d’Aude, pour alimenter les 400 canons à neige de la station des Angles (Pyrénées-Orientales) va entraîner un nouveau bras de fer devant le tribunal administratif de Montpellier (Hérault). Frene66, Fédération pour les espaces naturels et l’environnement, entend attaquer l’arrêté pris par le préfet le 8 octobre dernier qui permet de lancer les travaux.
La commune des Angles a décidé de construire cette retenue d’eau à 2 400 m d’altitude pour augmenter sa capacité de neige artificielle afin d’aborder la saison de ski dans les meilleures conditions d’enneigement.
Préparer l’avenir du territoire
« Ces 119 000 m3 nous permettent de produire de la neige pendant une cinquantaine d’heures à un moment où il est pour nous vital d’ouvrir les pistes, notamment pendant le fameux week-end de début décembre tellement prisé des Catalans du sud, explique Michel Poudade, le maire qui soutient que cette retenue et une bonne manière de préparer l’avenir du territoire.
« Et cette réserve d’eau d’altitude va aussi être utilisée à la fois par les éleveurs et aussi par les pompiers en cas d’incendie qui pourront recharger plus facilement au village, poursuit l’élu. Nous allons produire de l’électricité qui peut rapporter 300 000 euros par an. Pour les 25 ans suivantes de l’exploitation des pistes et même au-delà. »
L’équipe de la régie de la gare a travaillé pendant un an sur ce dossier avec les services de l’Etat pour lever tous les obstacles. Mais Marc Maillet, le président de FRENE66, a une autre lecture de ce chantier dont la première tranche vient d’être bouclée : décaper le couvert végétal sur le terrain de six hectares pour commencer les grands travaux au printemps prochain.
Des espèces d’oiseaux en danger ?
« Il s’agit d’une mégabassine en altitude. Son instruction relève de la réglementation des retenues, ce qui n’a pas été le cas dans ce dossier. Le risque de défaillance de cet ouvrage est insuffisamment pris en compte » indique celui qui pointe l’absence d’étude d’impact sur au moins deux espèces, le grand Tétras et la perdrix grise qui ont l’objet de comptages réguliers dans cette zone en partie classée Natura 2000.
A FRENE66 considère que le creusement du méga cratère de 7 m de profondeur défigurera le site qui constitue un point de vue exceptionnel sur toute la chaîne des Pyrénées. Marc Maillet craint aussi surtout le réchauffement climatique qui pourrait hypothéquer l’avenir à moyen terme de la station.
« Les promeneurs pourront continuer à atteindre le Roc d’Aude. Et nous n’allons pas faire disparaître l’eau. Nous n’allons pas la brûler sur place mais, au contraire, la gérer et la stocker avant de la restituer en aval au moment où la nature a besoin au printemps » répond Michel Poudade.
Lequel promet une opération financièrement équilibrée portée par la régie de la Station. Soit 6 millions d’euros de travaux, dont 2 pour la retenue elle-même, avec un emprunt sur 25 ans remboursé à hauteur de 400 000 euros par an. L’équivalent du chiffre d’affaires d’un week-end de ski en février.
Mais dans un tropisme de justice administrative typiquement française, la procédure devant le tribunal administratif de Montpellier pourrait être entendue après que la retenue soit déjà mise en eau…











