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Les retraités français en Algérie seront contrôlés par… une banque

Les retraités français en Algérie seront contrôlés par… une banque


Près de 900.000 retraités de l’Agirc-Arrco — gestionnaire des retraites complémentaires du privé — vivent à l’étranger, dont une majorité en Afrique du Nord. L’Algérie se concentre à elle seule près d’un tiers des bénéficiaires hors de France, soit plus de 300.000 personnes. Pour vérifier que ces pensions sont bien versées aux bénéficiaires vivants, la fédération Agirc-Arrco a choisi de déléguer les contrôles physiques à un prestataire bancaire local.

Des contrôles bancaires sur le terrain

Cette banque, sélectionnée à l’issue d’un marché public, convoquera chaque année environ 60.000 retraités algériens à son guichet pour attester de leur présence et de leur identité. Les personnes absentes subiront une suspension de leur pension. D’après la Cour des comptes, cette méthode permettra de contrôler l’ensemble des retraités vivant en Algérie sur une période de six ans.

Les premiers tests menés entre 2020 et 2023 au Maroc et en Algérie ont été jugés probants : pour un euro dépensé, ils ont permis de constater ou d’éviter entre 12 et 30 euros de fraude. Près de 40 % des retraités convoqués ne s’étaient pas présentés dans les délais, entraînant des suspensions de versements. Dans certains cas, les contrôles ont permis de détecter des décès non déclarés depuis plusieurs mois.

La Cour des comptes salue ces efforts mais invite les régimes à surveiller de près leurs prestataires. « Les partenaires, au même titre qu’une autorité locale, peuvent être complices ou victimes d’une intention de fraudeur. », souligne le rapport qui remonte au mois de mai. Des audits réguliers devront donc être réalisés pour garantir la fiabilité des opérations réalisées par les banques et éviter tout laxisme dans la vérification des identités.

Du côté du régime général, la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav) n’est pas en reste. Son directeur général, Renaud Villard, a assuré sur Franceinfo que plusieurs mesures sont déjà en place : deux agents sont désormais affectés au consulat d’Alger pour vérifier sur place les certificats d’existence, et la reconnaissance faciale biométrique est en cours de déploiement. « Elle a été généralisée à compter de septembre 2024 », précise-t-il. « C’est parfois un petit choc pour un retraité de 85 ans d’utiliser son smartphone pour se filmer, mais on mise beaucoup sur cette technologie ».

La Cnav, qui constate les fraudes à environ 50 à 60 millions d’euros par an, estime que ces dispositifs permettront d’améliorer la fiabilité du système sans tout régler pour autant. « Le symbole est très important, car on demande des efforts à nos concitoyens ; face à cela, on doit être intraitables avec ceux qui essaient de frauder », insiste Renaud Villard.

La lutte contre les fraudes aux retraites versées à l’étranger ne comblera pas le déficit abyssal de la Sécurité sociale, évalué à 15 milliards d’euros. Mais cela participe à la restauration de la confiance dans les institutions. En confiant une partie des contrôles à une banque, l’Agirc-Arrco va très loin dans la chasse aux fraudeurs. Trop de longe ?

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