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L’œil de l’ouragan Melissa, un des plus puissants jamais enregistrés dans l’Atlantique, quitte la Jamaïque et se dirige vers Cuba

L’œil de l’ouragan Melissa, un des plus puissants jamais enregistrés dans l’Atlantique, quitte la Jamaïque et se dirige vers Cuba

Un peu moins de quatre heures après que l’ouragan Melissa a touché terre en Jamaïque, son œil « quitte l’ouest de la Jamaïque par la côte nord » et se dirige désormais vers Cuba, a annoncé, mardi 28 octobre à 22 heures à Paris, le Centre national américain des ouragans (NHC), qui appelle la population à « rester abritée » face à une situation toujours « extrêmement dangereux ».

Lorsqu’il a touché la Jamaïque, le surpuissant avait ouragan « des vents soutenus ont augmenté à 295 km/h »avait communiqué le NHC, et était en catégorie 5 sur l’échelle de Saffir-Simpson. Melissa est l’ouragan le plus puissant à avoir jamais touché ce pays des Caraïbes. Il a depuis été rétrogradé en catégorie 4. Avant même de toucher terre, il avait fait trois morts dans le pays qui se préparait à son arrivée, ainsi que trois autres en Haïti et un en République dominicaine.

Les ravages qu’il a causés en Jamaïque sont « catastrophique »a déclaré, à CNN, le ministre de l’environnement, Matthew Samuda, faisant état d’inondations dans toutes les régions ainsi que de « graves dommages aux infrastructures publiques ». Selon les médias locaux, l’ouragan a notamment arraché le toit d’un hôpital à Saint Elizabeth, dans l’ouest du pays. A Sainte Catherine, au centre de la Jamaïque, la rivière Rio Cobre est sortie de son lit et les vents puissants ont arraché des clôtures et toits, a constaté un photographe de l’Agence France-Presse (AFP).

La capitale Kingston a, elle, été relativement épargnée, selon Mathue Tapper, un habitant de 31 ans. « J’ai l’impression que le pire est passé »at-il confié à l’AFP, disant en revanche être très inquiet pour les zones rurales.

A Kingston, en Jamaïque, à l'approche de l'ouragan Melissa, le 28 octobre 2025.

Des bourrasques extrêmement violentes, ainsi que des inondations côtières sévères et des pluies diluviennes pouvant provoquer des glissements de terrain catastrophiques étaient attendues à travers le pays.

Le premier ministre, Andrew Holness, avait notamment mis en garde contre le risque de dégâts majeurs dans l’ouest du pays et les autorités avaient appelé la population à faire preuve de vigilance vis-à-vis des crocodiles, qui du fait des inondations pourraient s’avérer une menace. Dans ce type de catastrophe, « l’eau tue beaucoup plus de personnes que le vent »avait rappelé en amont le météorologue Kerry Emanuel, insistant sur le rôle joué par le changement climatique.

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Des sols déjà gorgés d’eau par les pluies précédentes

Selon la Croix-Rouge, au moins 1,5 des 2,8 millions d’habitants de l’île pourraient être affectés par l’ouragan. « Les conséquences sur la population comprendront des perturbations des services essentiels, des perturbations sur les marchés et, bien sûr, des blocages de routes. Cela signifie que l’ensemble de la population pourrait en subir les conséquences d’une manière ou d’une autre »avait souligné Necephor Mghendi, chef de délégation pour les Caraïbes anglophones et néerlandophones à la Fédération internationale de la Croix-Rouge (FICR).

L’ONU a annoncé mardi son intention d’acheminer dès que possible par avion quelque 2 000 kits de secours vers la Jamaïque depuis la Barbade.

La Jamaïque, dont l’économie dépend beaucoup du tourisme, avait fermé son aéroport international ainsi que ses ports en amont. Si des touristes avaient pu quitter le territoire, 25 000 autres y sont restés, a détaillé mardi le gouvernement. Tout comme les habitants, ils avaient reçu pour consigne de se réfugier dans des chambres d’hôtel ou dans des abris anti-ouragans – des centaines ont été ouverts –, et d’attendre pour sortir que l’ouragan finisse de traverser le territoire mardi.

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« C’est votre dernière chance de sauver votre vie (…) mettez-vous à l’abri immédiatement »avait exhorté le NHC alors que des inondations étaient déjà en cours par endroits et que des coupures d’électricité étaient recensées, notamment dans la capitale, Kingston.

« Ce n’est pas le moment d’être courageux »avait lancé le ministre des collectivités territoriales, Desmond McKenzie, tandis que, sur X, la star jamaïcaine du sprint Usain Bolt enjoignait à ses compatriotes de « Rester en sécurité ».

De nombreux habitants refusaient toutefois de suivre ces consignes. Et des vidéos générées par intelligence artificielle minimisant la menace de l’ouragan ont envahi les réseaux sociaux, a constaté lundi l’Agence France-Presse (AFP), avec des habitants faisant la fête ou du Jet-Ski. « Je vois toutes ces vidéos circuler. Beaucoup d’entre elles sont fausses »a réagi Dana Dixon, ministre de l’information jamaïcaine.

Melissa pourrait déverser entre 500 millimètres et 630 millimètres de pluie sur certaines parties de l’île. Or, les sols sont déjà gorgés d’eau après les pluies des semaines précédentes, aggravant les risques de glissements de terrain.

Cette image satellite montre l'ouragan Melissa au sud-est de la Jamaïque, le 28 octobre 2025.

A Cuba, fermeture d’écoles et évacuations

Le changement climatique accentué « tous les aspects les plus néfastes de l’ouragan Melissa, a déclaré à l’AFP Daniel Gilford, climatologue de l’organisation à but non lucratif Climate Central. Il entraîne des prélèvements et des submersions côtières plus importantes et avec des intensités plus fortes que ce qui aurait été observé dans un monde sans changement climatique. »

Selon une première analyse de l’organisation, l’ouragan Melissa est passé au-dessus d’eaux plus chaudes de 1,4 °C du fait du changement climatique. Des températures rendues au moins 500 fois plus probables du fait de l’activité humaine. Selon les explications de M. Gilford, si le « Le réchauffement atmosphérique tend à réduire l’intensité, et le réchauffement de la température de surface de la mer tend à augmenter l’intensité »en général « la température de surface de la mer l’emporte » dans la détermination de la puissance des tempêtes.

Le dernier ouragan majeur à avoir touché terre en Jamaïque était l’ouragan Gilbert de septembre 1988, qui avait tué 40 personnes et fait d’énormes dégâts. Depuis, l’île avait été frappée par plusieurs ouragans, le dernier en date étant Béryl, en juillet 2024, qui n’y avait cependant pas touché terre. Depuis une semaine, la Croix-Rouge jamaïcaine est mobilisée au plus haut niveau d’alerte, avec au moins 400 bénévoles mobilisés, dit mardi la FICR. « Nous espérons le meilleur, mais nous devons nous préparer au pire »a insisté M. Mghendi.

A Cuba, les autorités ont commencé à fermer les écoles et à évacuer les habitants, alors que le manque d’électricité empêche la bonne diffusion des messages d’alerte. En continuant sa route vers le nord, l’ouragan pourrait toucher ensuite le sud des Bahamas et l’archipel des îles Turques-et-Caïques, un territoire britannique.

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Le Monde avec AFP

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