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Montée des eaux dans l’Eure : « À Pont-de-l’Arche, le niveau de l’eau augmentera de 17 cm d’ici à 2100 »

Un village nommé « Qu’il est beau mon cours d’eau » s’est installé le samedi 10 octobre à Pont-de-l’Arche (Eure) dans le cadre de la quatrième Journée nationale de la résilience, qui se déroule chaque année le 13 octobre. Objectif : sensibiliser le grand public aux risques d’inondation et de promouvoir une meilleure culture de la prévention en partenariat avec l’Agglomération Seine-Eure et le Département de l’Eure.
25 % de la population réside en zone inondable
À Pont-de-l’Arche en effet, 25 % de la population réside en zone inondable. Le village a été placé à l’endroit où l’Eure et la Seine s’écoulent parallèlement et où la dernière grande crue, en 2018, a inondé les rives et le camping, avec un débit de 2 130 m³/seconde (contre 600 m³/seconde par temps calme). Lors de cette journée d’animations, le public a pu s’informer auprès des stands de la protection civile et de la DDTM (Direction départementale des territoires et de la mer) afin de comprendre les effets des crues et d’échanger sur les moyens de se préparer.
Le Service rivières et milieux naturels de l’Agglo Seine-Eure était également présent. Il surveille 45 km de berges entre les communes de Louviers et Martot afin qu’elles restent stables et que le flux soit fluide, « car nous sommes intégrés dans un grand bassin-versant qui comprend 8 400 communes, 25 départements pour 19 millions d’habitants », a expliqué Fabrice Russias lors de trois balades historiques.
« On récupère beaucoup de déchets franciliens »
« Nous avons la particularité d’avoir très peu de pente soit 13 m entre l’entrée de l’agglomération et la mer donc nous récupérons beaucoup de déchets franciliens qui peuvent créer des embâcles », complète le chargé de mission « gestion des risques inondations ».
Des balades qui ont permis aussi de découvrir les repères de crues dont celle de 1910 juchée à 2m50 du sol : « 30 repères ont été posés sur 25 communes de l’Agglo Seine-Eure et Seine Normandie Agglomération suite à un appel à projet. Ils sont là pour rendre le risque concret et permettre de prévenir l’urbanisme », a souligné Myriam Duteil, vice-présidente du Département à la protection de la nature et des paysages, à l’économie circulaire, du cycle de l’eau et à la biodiversité.
Les spécialistes ont également évoqué le fonctionnement hydraulique des cours d’eau, leur entretien et les conséquences des inondations : « À partir de 50 cm d’eau, un homme n’arrive plus à avancer. Avec 30 cm et du courant, une voiture peut être emportée. Les inondations peuvent occasionner d’énormes problèmes comme sur les postes de production et les transformateurs électriques. Il faut les rehausser. Cinq postes l’ont déjà été dans l’Eure », a complété Fabrice Russias.
« Il faut relever les constructions de 20 cm »
Dans la pratique, en cas d’inondation, c’est le maire qui active tous les moyens et voit si cela suffit à protéger sa population. Si non, il va alerter le préfet qui va coordonner un dispositif à plus grande échelle à partir d’un centre opérationnel à la Préfecture. Tous les acteurs vont y suivre les évolutions et prendre des décisions. Mais, avant cela, il y a la prévention avec des plans des risques d’inondation qui sont approuvés par le préfet. Il y en a 13 dans l’Eure dont certains sont en cours de révision.
« Dans ce département, il y a pas mal de cours d’eau que nous surveillons, indique Cyril Mallet, responsable-adjoint à la prévention des risques à la DDTM. On prévoit qu’ici, le niveau de l’eau augmentera de 17 cm d’ici à 2100. Ce n’est pas rien. Alors, on préconise par exemple de relever les constructions de 20 cm soit un parpaing… »











