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“Nous ne comprenons pas“ : l’organoïde cérébral, un ordinateur à base de neurones humains, semble percevoir son environnement


Il existe de nombreuses œuvres de science-fiction où les machines exploitent la puissance du cerveau humain pour faire tourner une intelligence artificielle. Une véritable dystopie où l’être humain est relégué à l’état de simple outil. Mais cette idée est, en quelque sorte, déjà une réalité.
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Des ordinateurs à base de neurones humains
Depuis quelques années, des entreprises travaillent sur ce genre de technologie. L’une d’entre elles s’appelle FinalSpark, et développe des organoïdes, de minuscules cerveaux à base de neurones humains. Rassurez-vous, ce n’est pas aussi macabre qu’il n’y paraît. Les cellules proviennent de la peau des donneurs, et sont transformées en cellules souches, puis en neurones. Les organoïdes sont composés de 10 000 neurones, contre 100 milliards pour un cerveau humain. Ils ont la taille du cerveau d’une larve de drosophile.
Les organoïdes sont reliés aux électrodes qui mesurent l’activité, et envoient des stimuli. C’est ce qui permet de les utiliser en tant qu’ordinateurs. Mais il se passe quelque chose d’étrange. Les organoïdes sont conservés dans ce qui ressemble à un grand frigo. Ils n’ont aucun organe sensoriel, et pourtant, lorsque quelqu’un ouvre la porte, les relevés montrent une activité neuronale significative.
Ces organoïdes ont-ils développé une forme basique de conscience ? Les chercheurs n’expliquent pas ce phénomène, malgré avoir planché sur la question depuis plusieurs années. «Nous ne comprenons toujours pas comment ils détectent l’ouverture de la porte» affirme Fred Jordan, co-fondateur de FinalSpark.
Malgré tout, les chercheurs sont formels : il n’y a aucun risque que les organoïdes développent une conscience, et ils collaborent avec des éthiciens afin de mener une réflexion sur l’impact de leurs travaux. De plus, ces mini-cerveaux sont dépourvus de récepteurs de la douleur et ont une durée de vie limitée à seulement six mois.
Une technologie encore loin d’être prête pour l’IA
Outre leur puissance de calcul, ils pourraient également aider pour la recherche biomédicale. À l’université Johns Hopkins aux États-Unis, des chercheurs étudient des organoïdes similaires pour mieux comprendre des conditions comme l’autisme ou la maladie d’Alzheimer.
Les organoïdes pourraient un jour être la solution pour réduire la consommation énergétique de l’intelligence artificielle. Mais nous n’en sommes pas encore à ce stade. Actuellement, dix universités mènent des expériences avec les organoïdes de FinalSpark. Par exemple, à l’université de Bristol, ils pilotent un robot capable de distinguer différentes lettres en braille. Les chercheurs rencontrent un certain nombre de difficultés, notamment pour encoder les données sous une forme compréhensible pour ces mini-cerveaux, puis pour décrypter les réponses.
Mais il faudra sans doute encore une vingtaine d’années de recherche et de développement avant que cette bio-informatique ne soit suffisamment avancée pour présenter une véritable alternative aux puces informatiques pour l’IA.
Et si vous êtes curieux, il est possible de consulter l’activité des organoïdes en temps réel sur le site de FinalSpark.











