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« On doit accueillir ! » : l’Aube relève le défi du tourisme durable sans sacrifier l’économie

« On doit accueillir ! » : l’Aube relève le défi du tourisme durable sans sacrifier l’économie

Le tourisme et l’organisation de congrès sont-ils compatibles avec le développement durable ? La question, un brin provocante, n’admet pas nécessairement de réponse binaire. Mais dans l’Aube, les acteurs entendent montrer l’exemple dans un territoire qui se veut fer de lance du « slow tourisme », l’art de voyager tout en prenant son temps. Pas question pour autant de réduire la voile. « On doit accueillir ! Le monde économique a besoin de vivre », assure Didier Leprince, président d’Aube en Champagne Attractivité, l’agence départementale du tourisme.

Ce positionnement sur un tourisme centré sur les atouts culturels, ruraux et naturels du département est mené en parallèle avec des engagements écologiques. D’abord à travers la certification ISO 20121, obtenue en 2014 par Aube en Champagne Attractivité. Elle inscrit les valeurs du développement durable dans son fonctionnement. Les organisateurs d’événements au centre des congrès sont encouragés à les rendre plus vertueux au profit de l’environnement et du contexte local.

En parallèle, Troyes et l’Aube font désormais partie des destinations pilotes du label Destination innovante durable (DID), cocréé par France Congrès et Événements, l’association des villes de congrès. Leur mais est d’associer toutes les parties participant du tourisme d’affaire et de loisirs dans le verdissement de leurs services. Hôtellerie, restauration, mobilités, shopping et autres activités sont invités à jouer le jeu. « On va apporter des preuves lors de nos audits que nos partenaires sont engagés avec nous sur la façon de réduire les gaz à effet de serre et l’impact du tourisme sur le territoire, et sur la possibilité d’avoir des leviers de compensation », précise Didier Leprince.

Des biodéchets compostés

Pour agir, Aube en Champagne Attractivité vient de lancer un service d’accompagnement au bilan carbone des événements afin de mesurer leurs principales sources d’émission de gaz à effet de serre et trouver des solutions plus écologiques. Forcément impliqués dans les événements, les traiteurs se sont engagés dans une charte de collaboration responsable, à l’image de Maison Branche à Charmont-sous-Barbuise. « Sur la fin du mois de juin et juillet, on fournit près de 3 000 repas sur 10 jours lors des internationaux de tennis de Troyes », explique Claire Lett-Cossenet, responsable de projets événementiels chez Maison Branche. « On travaille tout avec des produits frais, on épluche les légumes… et on se demandait que faire de tous ces biodéchets ? L’APEI (Association de parents d’enfants inadaptés) nous avons trouvé une solution miracle. » Ainsi, tous les déchets alimentaires (sauf reste de viandes et de poissons) et serviettes en papiers sont récupérés dans des bacs par des travailleurs en situation de handicap pour ensuite faire du compost.

Entre la possibilité de repas végétariens, des bouquets naturels au détriment des fleurs en plastique, ou encore l’expérimentation de carafes d’eau à la place des bouteilles en plastique, les petits ruisseaux font les grandes rivières. « On est passé à la vaisselle réutilisable depuis un moment. On n’a aucune vérine en plastiques, les petites cuillères sont en métal… Ça nous fait beaucoup de plonger après les mariages et événements, mais aucun déchet ne part à la poubelle », souligne Claire Lett-Cossenet.

Régulièrement, l’ensemble de la profession se retrouve pour partager les bonnes pratiques. « Il y a aussi tout l’environnement de responsabilité la sociétale », rappelle Claude-Sébastien Ledot, directeur général de la Maison Séjournant, à Pont-Sainte-Marie. « On a notamment ouvert nos portes vers les ESAT (établissements pour travailleurs handicapés) et les associations d’insertions comme Aurore pour accompagner des gens vers un emploi durable dans nos entreprises ».

Ruches et forêts

En parallèle, Aube en Champagne Attractivité poursuit le développement de son affichage environnemental qui évalue l’impact écologique d’une nuitée avec petit-déjeuner chez les hôteliers. À ce jour, 62 % du parc hôtelier aubois (soit 34 établissements) ont été audités pour une note moyenne très encourageante de B. Chauffage, éclairage, consommation d’eau et d’électricité, espaces verts, alimentation et gaspillage, emballages et autres produits d’entretien… Tout est passé au peigne fin par la société de conseil FairMoove Solutions.

Au camping du lac d’Orient, l’étude a duré près d’un an pour arriver à une étiquette A, la meilleure note. Une récompense, mais pas une finalité, pour les propriétaires. « On a une feuille de route sur les points qu’on peut améliorer dans les années à venir, et on envisage notamment des travaux pour réduire la consommation d’eau de notre piscine », se projette Muriel Bommelaer, propriétaire du camping du lac d’Orient.

Enfin, des mesures de compensation existent pour faire diminuer le bilan carbone. Adeptes des produits fait maison et des circuits courts, les hôtels Best Western et Ibis Styles de Troyes ont par exemple cofinancé une ruche. « On produit notre propre miel et on le met en valeur sur notre buffet petit-déjeuner », indique Théodora Duong, directrice du Best Western hôtel de la Poste.

Plus globalement, les acteurs du tourisme local peuvent s’engager à soutenir la biodiversité à travers un programme en cours d’élaboration au cœur du parc naturel régional de la forêt d’Orient (PNRFO) : la création d’îlots de sénescence, en lien avec la Fondation du Patrimoine. « Il s’agit de laisser certains secteurs de la forêt en libre évolution et aussi expérimenter, observateur ce que la forêt va devenir dans les années à venir. La seule activité humaine qui continue, c’est la chasse, car il faut régulièrement le gibier », détaille Jésus Cervantes président du PNRFO. Un programme qui pourra bénéficier d’un coup de pouce non négligeable des acteurs du tourisme.

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