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« On va devenir un territoire à énergie positive » : le maire de Burdignes défend le projet éolien dans le parc du Pilat
Des éoliennes dans le Pilat ? Voilà quinze ans que les habitants du parc en entendent parler. À la Valla-en-Gier, Doizieux ou dans les villages proches de Vanosc (Ardèche) et Riotord (Haute-Loire), plusieurs projets ont failli voir le jour. À chaque fois, ils se heurtent à une opposition féroce. Le sujet est sensible dans ce massif forestier qui s’étend sur 700 km2 et deux départements (la Loire et le Rhône). « Nous ne sommes pas des anti-éolien frénétiques. Simplement, on pense qu’il y a des endroits où c’est problématique du fait de la présence dispersée des populations », se défend Henri Delolme, porte-parole du collectif « Protégeons Taillard ».
Le retraité mène la fronde anti-éolienne depuis des années : « Une éolienne, c’est comme un iceberg. Il y a la partie émergée et ce qu’on ne voit pas. Pour planter une éolienne, il faut creuser une excavation de 600 à 700 m3 dans la roche et couler 1 000 tonnes de béton. Et la forêt de Taillard, c’est un château d’eau. De nombreuses habitations individuelles sont alimentées par des sources privées. Ces gens-là s’inquiètent.»
Six ans de bataille
Mais après six ans de bataille administrative, un parc éolien – porté par la communauté de communes des Monts du Pilat – va bien être construit dans la forêt de Taillard à Burdignes et Saint-Sauveur-en-Rue. Les recours des opposants ont été rejetés.
Face à eux, Philippe Heitz, le maire de Burdignes, estime que le bras de fer entre pro et anti-éolien a assez duré : « On a perdu trop de temps, six ans de recours. On va devenir un territoire à énergie positive, largement excédentaire en électricité verte. » D’ici 2027, dix éoliennes d’une hauteur de 157 m doivent être établies sur des terrains communaux. Dans cette forêt très exposée au vent, les machines seront capables de produire l’équivalent de la consommation domestique de 40 000 personnes.
L’élu est très enthousiaste et minimise l’impact environnemental du chantier : « Le défrichement qui a lieu actuellement fait 6 ha répartis en dix clairières. Quand un privé exploite une coupe à blanc de 18 ha, là les opposants ne disent rien. »
La taille des éoliennes a changé, ultime recours
S’ils sont nombreux à s’opposer, ils sont aussi nombreux à défendre son projet. À Burdignes et Saint-Sauveur-en-Rue, plus d’une centaine de personnes ont investi. « Le capital social de départ a été ouvert à la souscription avec la possibilité pour les habitants d’acquérir entre une et quatre actions au prix de 100 euros », explique Philippe Heitz. Les citoyens détiennent ainsi 25 % des parts et siègent aux côtés des collectivités et Total Énergies Renouvelables au sein d’un comité stratégique qui pilote le projet.
Le modèle est vertueux, selon monsieur le maire : « Ce qui fait l’originalité nationale de notre gouvernance, c’est que la répartition des sièges restera inchangée quelle que soit l’évolution du capital. » Précision qui a son importance quand on sait qu’au printemps 2026 un deuxième tour de table est programmé. Les habitants et collectivités devront chacun trouver deux millions d’euros, condition sine qua non à l’obtention d’un prêt bancaire afin de financer le chantier évalué à 60 millions d’euros.
Pour les villages concernés, qui percevront par ailleurs un loyer de 50 000 euros annuels, l’opération – bien engagée – doit impérativement aller au bout : « Ce projet est vital pour notre commune », insiste Philippe Heitz. Il sait qu’un ultime recours a été déposé cet été par le collectif « Protégeons Taillard » auprès de la cour administrative d’appel de Lyon, portant sur la taille des éoliennes qui a dû être modifiée (de 125 à 157 mètres) car les machines autorisées en 2018 ne sont aujourd’hui plus fabriquées.











