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Pyrénées-Orientales : des ceintures vertes pour protéger les villages des incendies

Prévenir plutôt que guérir. Les incendies sont l’une des grandes menaces qui planent sur les villages des Pyrénées-Orientales. Pour y faire face, les services de la préfecture travaillent main dans la main avec le Sdis et l’ensemble des acteurs impliqués dans la prévention des risques d’incendie. Objectif : créer de véritables ceintures de protection autour des villages les plus exposés.
Concrètement il s’agirait, par voie réglementaire mais aussi financière, d’aider à sanctuariser plusieurs hectares autour des villages. Ces terrains, plantés et entretenus, serviraient alors de coupe-feu naturel. Pas question d’y construire quoi que ce soit. A défaut d’être exploitées, ces terres seraient soumises à l’obligation légale de débroussaillement.
L’exemple de la commune de Saint-André, victime d’un violent incendie le 14 août 2023 avec 500 hectares ravagés par le feu en quelques heures, alimente la réflexion. Dans les années 1990, la commune catalane était encore un village viticole mais, avec la crise et les premières à l’arrachage, les vignes ont disparu, remplacées par des friches où les pins ont parfois proliféré, jouant un rôle parfait de combustibles.
Peu de temps après ce dernier grand feu, « on a réfléchi à la mise en place d’une ceinture coupée-feu dans un périmètre d’environ 1,5 kilomètre autour du village », rapporte le maire Samuel Moli. Pour y parvenir, la commune préempte petit à petit des terres agricoles et végétales.
Le seuil de combustion du paulownia est à 400°C
« Nous avons notamment choisi le paulownia, une essence peu invasive, économe en eau et surtout résistance au feu avec un seuil de combustion qui se situe autour de 400°C lorsque le pin s’enflamme comme une allumette dès 90°C ». À ce jour, Une dizaine d’hectares ont été préemptés sur la Trentaine qu’il faudrait sécuriser in fine.
« Pour aller plus loin, il nous faudra plus de moyens humains et financiers », estime Samuel Moli. En attendant, l’édile compte sur la mise en œuvre stricte de l’obligation légale de débroussaillement, la commune étant désormais classée en zone forestière. « Cette obligation n’est respectée qu’à 30 % environ, c’est insuffisant », soupire-t-il, espérant que les agents de l’ONF fassent usage de leur pouvoir de sanction. D’ici à la fin de l’année, le nouveau Plan départemental de protection des forêts contre les incendies sera établi par la préfecture : un volet devrait être consacré à ce nouveau concept de ceinture verte.











