Blog
« Quel que soit le moment, on en respire » : une étude inédite sur la présence de polluants dans l’air en Occitanie

C’est une étude inédite sur trois familles de polluants dans l’air que révèle ATMO Occitanie, l’observatoire régional de la qualité de l’air, ce 10 octobre. En 2023 et 2024, l’association a effectué des prélèvements sur dix sites de la région pour détecter la quantité et la nature des pesticides présents dans l’air. C’est aussi, et surtout, la première fois en France que des mesures sont prises sur les perturbateurs endocriniens (PE) et les PFAS sur cinq des dix sites régionaux (en Haute-Garonne, dans l’Aube, à Montpellier et dans le Gard).
« 192 molécules ont été recherchées dans l’air en Occitanie et 105 ont été trouvées, dont 47 pesticides, 50 PE et 10 PFAS, sachant que deux molécules sont quantifiées dans les pesticides et les PE », détaille Dominique Tilak, directrice générale d’ATMO Occitanie. « Les départements sont ciblés selon l’intensité des activités liées aux pesticides, les profils culturels comme la viticulture dans l’Aude et les grandes cultures en Haute-Garonne. Les PFAS ont été mesurés dans les retombées de poussière et la pluie. »
Les capteurs de l’air installés à Toulouse ont ainsi repéré 14 pesticides, 56 PE et 6 PFAS. En dehors de la préfecture de la Haute-Garonne, 28 pesticides, 64 PE et 2 PFAS ont été retrouvés par les autres capteurs installés dans le département, qui présente, en 2024, l’une des concentrations cumulées les plus élevées de l’historique des mesures pour les pesticides. Elle est en baisse par rapport à 2023, mais toujours au-dessus des niveaux enregistrés précédemment.
Des sources de pollution variées
Les pesticides détectés sont le prosulfocarbe, un herbicide à spectre large homologué pour des cultures céréalières d’hiver comme le blé dur/tendre, l’orge, le seigle ou l’épeautre, le folpel (fongicide) et la pendiméthaline (herbicide).
« Malgré son niveau encore élevé, il y a une baisse du prosulfocarbe liée au nouveau cadre réglementaire mis en place par l’Anses depuis octobre 2023 avec la réduction pour les parcelles de grandes cultures des doses homologuées à l’hectare d’au moins 40 % », souligne Dominique. Tilak.
Concernant les 64 PE retrouvés dans l’air de Haute-Garonne, ils sont issus de sources variées, principalement de l’utilisation de pesticides, de la combustion ou de la dégradation de composés comme les plastiques, des répulsifs antimoustiques, des moussants, des conservateurs, des isolants, des parfums…
Quant aux PFAS, les polluants éternels, ils sont présents sur les cinq sites d’Occitanie où ils ont été recherchés, pour raison de 2 à 10 substances. « Quel que soit l’endroit ou le moment, on en respire. Et on ne peut pas comparer avec d’autres territoires français, car il n’y a pas de suivi simultané de ces polluants », explique la directrice générale d’ATMO Occitanie. « Ils ont un côté diffus de pollution lié à leurs sources et il faut encore en caractéristiquer certaines. » Les données de cette étude scientifique sont accessibles à tous et l’association va poursuivre ce suivi sur trois ans. Chaque année, la pollution de l’air engendre 40 000 décès.











