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Réforme des retraites suspendue : qui est concerné ?

Nouvelle tournure pour la réforme des retraites : sa suspension pourrait changer la donne pour certaines générations.
Le dossier des retraites refait surface, deux ans à peine après une adoption qui avait profondément divisé le pays. La réforme de 2023, censée repousser progressivement l’âge légal de départ, pourrait être suspendue. Une annonce qui rouvre un débat sensible et ravive les interrogations : selon votre année de naissance, cette mise en pause pourrait bien changer la date à laquelle vous prenez enfin votre retraite.
Une réforme des retraites mise sur pause jusqu’en 2028
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a proposé de geler temporairement la réforme qui devait repousser l’âge légal de départ de 62 à 64 ans d’ici 2030. Si le Parlement donne son feu vert, le calendrier serait arrêté à 62 ans et 9 mois jusqu’au 1er janvier 2028. Concrètement, cela signifie que la réforme ne serait pas abandonnée, mais simplement mise entre parenthèses. Un simple délai, certes, mais dont les effets seraient bien réels pour certaines générations.
Cette suspension concernerait aussi la durée de cotisationun point souvent oublié, mais essentiel. Le relèvement prévu à 172 trimestres dès 2027 serait, lui aussi, figé à 170 trimestres pendant toute la période de pause. Autrement dit, l’application complète de la réforme serait retardée de deux ansoffrant un léger répit à ceux qui approchent de la retraite.
Des générations avantagées par la suspension de la réforme des retraites
Les gagnants de cette parenthèse seraient alors clairement identifiés : les personnes nées autour de 1964. Initialement programmées pour à partir de 63 ans, elles pourraient finalement faire valoir leurs droits à 62 ans et 9 mois dès octobre 2026, avec un trimestre de moins à valider. Les générations suivantes, jusqu’à 1968, bénéficieraient également d’un départ légèrement avancé, avant une reprise progressive du relèvement de l’âge à partir de 2028.
Selon le gouvernement, près de 3,5 millions de Français seraient concernés par cette mesure. Une décision qui a un coût : 400 millions d’euros dès 2026, puis 1,8 milliard en 2027. L’exécutif promet des économies pour compenser ces dépenses supplémentaires, sans encore préciser lesquelles. De son côté, la Cour des comptes alertait déjà au printemps sur le risque d’un surcoût global de 13 milliards d’euros d’ici 2035
si l’âge légal restait fixé à 63 ans.


Peu d’évolution pour les départs à la retraite après 1973
Pour les plus jeunes générations, la suspension envisagée ne bouleversera pas les règles du jeu. Les personnes nées après 1973 continueront de relever du calendrier initial, avec un départ fixé à 64 ans et 172 trimestres à valider pour bénéficier d’une retraite à taux plein. Les plus anciens, nés avant 1961, ne verront pas non plus leurs conditions modifiées. Entre ces deux extrêmes, les générations des années 1960 forment une zone charnière : pour elles, quelques mois gagnés ou perdus peuvent faire toute la différence au moment de franchir le cap.
La réforme, suspendue mais non abrogée, reste pour l’instant en équilibre. Si le Le Parlement valide la propositionles règles actuelles demeureront figées jusqu’en 2028 avant un probable retour au calendrier prévu. Cette pause pourrait offrir un répit bienvenu à ceux qui approche du départmais pour d’autres, elle ne représente qu’une étape provisoire avant la reprise inévitable de la réforme.











