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Rivières, grottes, faune et flore : l’Ariège veut sanctuariser ses trésors souterrains

Rivières, grottes, faune et flore : l’Ariège veut sanctuariser ses trésors souterrains

Conserver et valoriser un patrimoine biologique souterrain exceptionnel. C’est l’ambition du projet de Réserve naturelle nationale souterraine de l’Ariège, qui est, depuis le 22 septembre et jusqu’au 24 octobre, soumis à enquête publique.

L’aboutissement d’un processus qui avait émergé au début des années 2000 avant d’être vraisemblablement relancé à partir de 2018 « dans le cadre de la stratégie nationale des aires protégées, qui vise à un classement de 30 % du territoire national dont 10 % en protection forte », indique la sous-préfecture de Saint-Girons. Laquelle a missionné le Parc naturel régional des Pyrénées ariégeoises (PNRPA) comme opérateur.

Un vaste patrimoine à préserver

Parmi les trésors souterrains concernés par cette réserve figurent la rivière souterraine de Vicdessos, la grotte du Mas d’Azil ou encore la fontaine intermittente de Fontestorbes.

« Au total, ce sont 29 sites sur 32 communes du département et 1 139 ha qui sont couverts. Ce projet concerne plusieurs volets, à la fois géologique, avec un patrimoine riche et varié, archéologique et paléontologique, mais aussi la faune et la flore de ces milieux », précise Marion Chetaille, chargée de projet Réserve naturelle nationale souterraine au PNRPA.

La spécialiste mentionne notamment le minioptère de Schreibers, une espèce de chauve-souris, et de multiples espèces d’invertébrés dont l’environnement est lui aussi perturbé par le changement climatique, avec des températures en hausse dans les cavités, comme au Mas d’Azil par exemple.

Un classement fin 2026, début 2027 ?

« Le classement peut aussi permettre de faire connaître des espèces endémiques, propres à certaines cavités », ajoute-t-elle, car la recherche est aussi l’un des objectifs de ce classement. « Une réserve, c’est une protection mais aussi une mise en lumière, une valorisation, de la médiation. »

Pas question, donc, de mettre fin aux activités humaines, bien au contraire, à l’exception de certains projets d’urbanisme et de l’utilisation de drones, pour ne pas notamment perturber les chauves-souris.

« Il y a un certain nombre de réseaux où se pratique la spéléologie. La grotte du Mas d’Azil est très visitée mais reste remarquable par sa biodiversité », souligne ainsi Yannick Barascud, coordinateur du pôle biodiversité du PNR. Et l’objectif de l’enquête publique est aussi de faire remonter certains aspects qui ont pu être oubliés dans l’élaboration du dossier.

Une fois cette étape terminée, une consultation locale sera lancée auprès des collectivités jusqu’à la fin de l’année, puis au niveau du département. Avant que le ministère de l’Environnement examine ce qui serait la première Réserve naturelle nationale souterraine en France. Pour le directeur général des services du PNR des Pyrénées ariégeoises, « cela permettra de mettre en place une gestion adaptée, d’avoir des moyens humains et des moyens financiers pour le faire dans la durée. C’est très important pour nous. » « On peut espérer un classement fin 2026, début 2027 », prédit Marion Chetaille.

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