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« Un jour, il va se passer quelque chose » : à Miquelon, quand le climat fait rage, un village déménage
Chaussures de sécurité aux pieds et épaules de déménageur, Roger, 74 ans, joue du marteau face à l’océan. Ce mardi d’octobre, le retraité cloue un revêtement sur les murs de son nouveau pavillon, 120 m2 de plain-pied bâtis à flanc de colline. Du coulage de la dalle à la pose du toit, le septuagénaire a tout fait lui-même avec l’aide de ses proches. « Je serai dedans en avril prochain », projette le gaillard. Lui et son épouse seront alors les premiers habitants du nouveau Miquelon. Le couple abandonnera définitivement son ancien logis, situé à moins de 2 kilomètres. « Certains disent que je suis timbré, d’autres, que j’ai raison, mais je me sens davantage à l’abri ici », assure Roger en regardant l’Atlantique.
Dans l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon, collectivité territoriale française aux frontières du Canada, le village de Miquelon, qui abrite environ 600 âmes, prépare son déménagement. Entre les résidences principales et secondaires, les commerces et autres entreprises, les édifices publics comme la salle des fêtes, pas moins de 300 bâtiments sont concernés ! Le plus gros déménagement jamais entrepris à ce jour en France, imposé par le réchauffement climatique.











