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Un réveil, un nounours… émouvante exposition à La Rochelle autour de la tempête meurtrière Xynthia, il y a 15 ans

Un réveil, un nounours… émouvante exposition à La Rochelle autour de la tempête meurtrière Xynthia, il y a 15 ans

« Ce réveil appartenait à ma maman. Il s’est arrêté à 3h50 et symbolise le moment où sa vie a basculé », témoigne Mireille Guillet. Maggie, sa mère, est décédée dans sa maison de La Faute-sur-Mer (Vendée) lors de la tempête Xynthia en février 2010. Ce passé douloureux, Mireille Guillet a choisi de le partager grâce au projet baptisé « Submersion et résilience : la mémoire de Xynthia ».

Depuis plusieurs années, l’association Cronos collecte des témoignages et documents liés au drame qui a fait 500 000 sinistrés, 79 blessés et 53 morts, dont 12 en Charente-Maritime. Ce « travail de mémoire » fait l’objet d’une exposition émouvante à découvrir jusqu’au 12 décembre (entrée libre) à l’espace Intermondes de La Rochelle, ville qui s’est protégée depuis contre les risques d’une submersion.

Plus d’une soixantaine de témoignages ont été enregistrés à ce jour. Une cinquantaine d’objets ayant appartenu à des victimes ont été recueillis et plus de 9000 photos transmises, détaille Yann Leborgne, géographe, chercheur associé à l’Université d’Angers (Maine-et-Loire) et coordinateur de l’association Cronos.

Ces souvenirs intimes et précieux ont nourri cette exposition immersive, plastique et sonore conçue avec le concours des artistes Samuel Buckman et Mathias Arrignon. Des objets, anodins de premier ordre, y révèlent une puissance mémorielle déroutante comme le réveil offert par Mireille Guillet.

« Je n’ai jamais pu le jeter, j’avais besoin de le garder »

« Il traduit le drame vécu par ma maman… Je n’ai jamais pu le jeter. Ce réveil est resté 14 ans dans un coin du garage, couvert de boue. Nous ne l’avons jamais nettoyé mais j’avais besoin de le garder », souffle celle qui préside par ailleurs l’AVIF, l’Association de victimes des inondations de la Faute et des environs.

La maison de sa mère a définitivement été détruite après le passage de la tempête Xynthia. « Un soulagement. Je n’imaginais pas la remettre en l’état, ni voir quelqu’un un vivre dedans, face au danger », insiste Mireille Guillet qui n’a conservé qu’une poignée de petits riens : « la plaque de la maison, un ticket de manège que ma maman conservait pour ses petits-enfants… »

Jean-Paul Bounine et son épouse Monique ont agi de même. Leur maison secondaire de La Faute-sur-Mer a été inondée « du sol au plafond », avant d’être rasée à jamais. Parmi les objets rares sauvés : deux peluches, « pour le côté sentimental ». L’une, en provenance d’Amsterdam, avait été offerte à leur fille pour ses 20 ans. L’autre avait été acheté à leurs fils en URSS, en 1985 : « Il avait 6 mois à l’époque. Ces peluches, on a eu beaucoup de mal à les nettoyer », confient les retraités qui ont « besoin de ne pas oublier ».

La nécessité d’alimenter la mémoire collective face aux risques de submersion marine constitue justement le cœur des travaux engagés par l’association Cronos. « Nous continuons à recueillir des témoignages. Cet automne, nous allons rencontrer les pompiers vendéens qui sont intervenus lors de la tempête Xynthia », explique Yann Leborgne.

D’ici la fin de l’année 2026, l’universitaire espère aussi mettre en ligne une médiathèque numérique dédiée à ce drame. « Un outil au service de la pédagogie et de la prévention des risques » où pourra être consulté les témoignages et documents liés à la tempête, souligne Yann Leborgne qui cherche « d’autres lieux d’itinérance » pour présenter l’exposition actuellement visible à La Rochelle. Mireille Guillet, elle, en est certaine : « Ce réveil – comme les autres objets – peut servir à véhiculer des messages. Il faut entretenir la mémoire de nos proches, et transmettre leur histoire ».

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