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Valais, mars 2022 : ce détail oublié avec les cendres de cheminée qui peut provoquer le même incendie domestique chez vous cet hiver

En Valais, de simples cendres de cheminée mal refroidies ont ravagé 6 hectares de forêt et détruit un chalet. Votre feu de cheminée d’hiver est-il vraiment prêt, ou cache-t-il les mêmes risques d’incendie chez vous ?
Un feu qui crépite dans la cheminée, un plaid sur le canapé, l’hiver qui s’installe dehors… C’est exactement cette scène de confort qui a beaucoup en tête quand ils rallument leur foyer après des mois d’arrêt. On pense rarement, à ce moment-là, à la façon dont la suite, la chaleur et les cendres de cheminée peuvent se transformer en vrai risque d’incendie domestique.
Au printemps 2022, en Valais, la sécheresse était telle que les autorités avaient appelé à la prudence. Malgré cela, le 26 mars, un incendie est parti à proximité d’Hohtenn : six hectares de forêt ont brûlé, un chalet a été détruit, le trafic ferroviaire a été perturbé et près de 150 pompiers ont été mobilisés pour un coût estimé à 167 000 francs. Après enquête, un homme de 70 ans a été mis en accusation, les cendres de sa cheminée n’étaient pas assez refroidies. L’incendie a été qualifié de « prévisible et facilement évitable », selon le ministère public, rapporté par Le Nouvelliste. De quoi regarder sa cheminée d’un autre oeil avant l’hiver.
Feu de cheminée : quand la flambée confortable devient un vrai risque
Derrière les flammes rassurantes d’un feu de cheminéeil y a un mécanisme assez simple : la combustion du bois dégage de la chaleur, mais aussi de la suie et des dépôts qui vont tapisser le conduit. Si celui ci n’est pas nettoyé régulièrement, ces résidus peuvent s’enflammer. Un feu de conduit peut alors se déclarer, avec une température très élevée qui fissure la maçonnerie et permet au feu de gagner la charpente ou les pièces voisines.
Les cendres posent un autre problème. Même tièdes en apparence, elles peuvent encore contenir des braises. Versées dans une poubelle en plastique, un sac, ou déposées contre une haie, elles peuvent enflammer une terrasse, un abri de jardin, voire, dans un contexte sec comme en Valais, un terrain herbeux qui se transforme en feu de forêt. À l’intérieur comme à l’extérieur, une simple négligence sur ce qui semble être un “déchet” de cheminée suffit à déclencher un sinistre lourd.
Avant l’hiver : les bons réflexes pour sécuriser votre cheminée
Pour réduire ce risque, le premier réflexe reste l’entretien. Un ramonage régulier du conduit par un professionnel limite fortement l’accumulation de suie et de dépôts. Ce spécialiste peut vérifier l’état du conduit, de l’insert ou du poêle, et délivrer un certificat de ramonage, document souvent précieux en cas d’incendie domestique. L’idée n’est pas de se priver de flambée, mais de s’assurer que l’installation est saine avant les premières grandes soirées au coin du feu.
Ensuite, tout se joue sur quelques habitudes du quotidien, vraimment simples à mettre en place.
- N’utiliser que du bois bien sec, non peint, non verni, et éviter d’y jeter les déchets, cartons ou bois traités.
- Garder un pare-feu devant le foyer, et éloigner les meubles, rideaux et tapis de la zone de chaleur.
- Ne jamais surcharger le foyer juste avant d’aller se coucher, ni laisser un feu sans surveillance.
- Voir les cendres de cheminée dans un récipient métallique avec couvercle, posé sur un sol non inflammable, à l’extérieur, loin des murs et végétaux.
- Vérifier régulièrement le fonctionnement d’au moins un
détecteur de fumée dans la pièce, et idéalement d’un détecteur de monoxyde de carbone à proximité.
Cheminée, cendres et sèche-linge : penser à tous les risques d’incendie
Les cheminées ne sont pas les seules en cause dans les feux de maison. Selon le Centre national de prévention et de protection, 25 à 30 % des incendies seraient d’origine électrique. Un sapeur pompier expérimenté a confié au Journal du Net que, dans son vécu, ce n’est pas le four ni le fer à repasser qui revient le plus souvent, mais le sèche-linge. Sur son site, la Fondation des Brûlés place le sèche-linge “en première position des appareils électriques susceptibles de provoquer un incendie”, cité par le Journal du Net.
Cette dangerosité vient surtout de l’accumulation de chaleur et de poussières dans l’appareil. Comme le souligne la Fondation des Brûlés, “l”air chaud associé à la poussière constituant un mélange ‘idéal'” pour un départ de feu. D’où leurs conseils, relayés aussi par la société Verisure spécialisée dans la télésurveillance : nettoyer le filtre à peluches après chaque cycle, faire entretenir le conduit d’évacuation au moins une fois par an, laisser de l’espace autour du linge sec pour la ventilation, éviter de le brancher sur une multiprise et ne pas le faire tourner en absence ou pendant votre sommeil. fumées étant responsables de 80 % des décès lors d’un incendie, rappelle la Fondation des Brûlés, un simple détecteur de fumée près de la cheminée comme près du sèche-linge peut faire toute la différence. Une petite routine de vérification avant chaque flambée suffit souvent pour profiter de sa cheminée en gardant l’esprit tranquille.











